Il y a des douleurs qu’on n’explique pas vraiment.
Et puis il y a la capsulite.
Celle qui vous arrache un bras… puis l’autre, comme si un ne suffisait pas.
Capsulite bilatérale. Le mot est clinique. La réalité, elle, est brutale.
On nous parle de trois phases. Comme un schéma rassurant.
Mais la vérité, c’est autre chose.
C’est en dents de scie.
C’est flou.
On ne sait jamais vraiment où l’on est, ni quand ça va s’arrêter.
Il y a ces années suspendues.
Difficiles. Épuisantes. Parfois insupportables.
Des moments où tenir devient un effort immense.
Sans mes proches, je ne serais pas là pour en parler.
Mon conjoint. Mes enfants.
Leur présence, leur patience, leur amour…
Ils ont été mon point d’ancrage quand tout vacillait.
Il y a aussi cette phase où l’on cherche.
On essaie tout.
On veut comprendre, agir, stopper la machine.
Et puis on se rend compte…
Qu’un geste mal adapté peut faire plus de mal que de bien.
Qu’un protocole appris ne suffit pas face à une douleur aussi vivante, aussi imprévisible.
La médecine tâtonne.
Les témoignages s’accumulent.
Chacun avance un peu à l’aveugle.
Pour moi, une épaule s’est libérée autrement.
Là où je ne l’attendais pas.
Et soudain… un peu d’air.
Des nuits un peu plus longues aussi.
Un peu plus douces.
Quand le corps accepte enfin de relâcher.
Puis la deuxième épaule s’en mêle.
Avant même que la première n’en ait fini.
Et là, on comprend : il va falloir changer de stratégie.
Alors cette fois, j’ai choisi de ne rien brusquer.
Laisser passer la tempête.
Respecter cette phase dite “chaude”.
Des gestes doux.
Du temps.
Et puis, plus tard.
Bien plus tard.
La rencontre avec quelqu’un de différent.
Quelqu’un qui ne s’est pas contenté d’appliquer ce qu’on lui avait appris.
Quelqu’un qui a écouté, observé, ressenti.
Qui a compris que mon épaule n’avait pas besoin d’être forcée, mais respectée.
Des gestes simples, adaptés.
Du soulagement, enfin.
Et surtout… cette sensation d’être entre de bonnes mains.
Et surtout… du respect.
Respect du corps.
Respect de la douleur.
Je n’ai pas voulu m’arrêter.
J’ai tenu.
Trop.
J’y ai laissé mon entreprise.
Aujourd’hui, je me dis que j’aurais peut-être dû faire autrement.
Mais on fait comme on peut, avec ce qu’on est, à ce moment-là.
Aujourd’hui, je suis debout.
Pas intacte.
Il reste des traces.
Des douleurs parfois.
Des questions sans réponses.
Mais je suis là.
Et si tu vis ça, toi aussi…
Alors écoute bien :
Garde espoir.
Sois patient.
Entoure-toi de personnes bienveillantes.
Et surtout…
Fous la paix à ton épaule.
Elle sait.
Elle traverse quelque chose.
Et toi aussi.
Courage.
Ce partage est un témoignage personnel. Il ne remplace en aucun cas un avis ou un suivi médical



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